Ars Magica : Les Enfants de Drachenfels

LE PACTE D’OIREADH

Printemps 1226

Printemps 1226 : le pacte d’Oireadh

Nous nous rendons au village d’Oireadh, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Tuaim, afin de rencontrer les mages parallèles installés dans les environs.

Adhamh Brathain

Le lendemain, nous recevons la visite d’un homme d’une cinquantaine d’années, de complexion méditerranéenne, qui arbore une longue barbe et s’appuie sur un bâton de marche. Il s’agît d’Adhamh Brathain, membre du Pacte d’Oireadh, un homme avenant et sympathique qui s’exprime dans un latin impeccable.

Oriane se présente à son tour, puis présente ses compagnons.
- Ah, vous êtes Ex-Miscellanea, fait Adhamh à l’attention de Sigurd. De quelle tradition ?
- Rustica ! Vous connaissez ? répond Sigurd, plein d’espoir.
- Oui.
- Ah, enfin quelqu’un de curieux qui s’intéresse aux Traditions ! lance Sigurd, ravi.
- C’est une magie maçonnique, non ? demande Adhamh.
- Qu’est-ce que vous entendez par là ? fait Sigurd, surpris par la question.
- Elle n’est pas issue d’une Tradition juive ?
- Ma mater ne m’a jamais parlé de ça, avoue Sigurd, quelque peu penaud.
- Et vous ? interroge Adhamh en s’adressant à Finley.
- Pharmacopien.
- C’est d’origine grecque, non ?
- Oui. C’est Crateus qui a créé cette Tradition, précise Finley, fier de connaître les origines de son art.
- Je suis moi-même un mage érudit, fait Adhamh.
- Ca se voit, répond aussitôt Sigurd.
- Erudit, c’est ma Tradition, explique Adhamh.
Oriane éclate de rire sous le regard amusé de ses compagnons et les tentatives de justifications de Sigurd. Lorsqu’elle retrouve contenance, elle se tient les mains et ajoute mezzo vocce : Daria, si tu nous entends… La conversation reprend.
- A mes heures perdues, je m’intéresse également à la philosophie expérimentale, ajoute Adhamh.
- Pourquoi n’êtes-vous pas membre de l’Ordre ? lui demande Sigurd.
- Je n’en avais pas envie, répond Adhamh en souriant. Et puisque je suis né dans le Connacht, j’ai toujours privilégié les traditions de la région. Il existe un pacte ancestral qui unit l’Ordre et les mages libres d’Hibernia, explique le sorcier. Ce pacte, qu’on appelle le traité de Cnoc Maol Reidh, implique que des enfants possédant le Don doivent être remis régulièrement à l’Ordre d’Hermès. C’est une sorte de tribut.
- Qu’en est-il de votre Tradition magique ? demande Oriane après un long silence.
- Il y a différents types de magiciens Erudits, répond Adhamh. Je pratique pour ma part les arts de l’érudition qui me permettent de fabriquer des charmes verbaux et des amulettes scripturales. Tout comme votre magie est séparée en techniques et formes, la mienne s’appuie sur trois techniques (Tueor : je protège ; Succuro : j’aide ; Vulnero : je blesse) et trois arts (Fortunam : la chance ; Magiam : la magie ; Salutem : la santé).

Au cours de la conversation, on apprend également qu’Adhamh est allé étudier à l’université de Bologne, et que les mathématiques constituent son sujet de prédilection. En réponse aux questions d’Oriane, il explique qu’à Bologne, il n’est pas interdit aux femmes de suivre les cours de l’université. Par ailleurs, la bibliothèque possède un tome de la Géographie de Ptolémée !

Oriane interroge ensuite Adhamh sur la philosophie expérimentale.
On peut parvenir à des résultats concrets en réalisant des ligatures. Ce sont de petits charmes utilisant les principes des arts libéraux, de la philosophie ou de la médecine. Il existe trois types de formules : les inceptions astrologiques, qui sont des ligatures formées à partir des arts libéraux ; les régents alchimiques, issus de la philosophie ; et les thériaques, créées à partir de la médecine.

Pour illustrer son propos, Adhamh donne à Oriane quelques exemples de ligatures :
Prenons un exemple d’inception astrologique : en étudiant la position de Mercure vis-à-vis du Scorpion, on peut déterminer si une personne est prompte à utiliser le mensonge, si elle va le faire un jour donné, et en déduire si la personne a dit ou non la vérité. En ce qui concerne les thériaques, on pourrait créer un emplâtre à base de moutarde qui aide à la récupération.
Adhamh a appris cela à l’Université, mais cela ne fait évidemment pas partie du cursus classique…

La philosophie expérimentale n’implique pas d’avoir le Don. Par contre, il faut être magister in artibus en philosophie, en arts libéraux et en médecine. C’est de la magie naturelle.

Note d’Oriane pour plus tard : Aller à l’université de Bologne pour consulter la Géographie de Ptolémée, assister à des cours et découvrir la philosophie expérimentale.

Umor Ard Mac Adar

La nuit suivante, on reçoit dans notre campement la visite d’un homme de haute taille (environ 1,90 m), extrêmement large (1,50 m de carrure), musclé, la cinquantaine apparente, doté d’un beau visage et de quatre bras. Il se présente comme Umor Ard Mac Adar.

Oriane, qui a écouté les légendes contées par les bardes, suppose qu’il s’agît d’un Fir Bolg. En réalité, il fait partie de la tribu des Fir Domhnann. Nous étions trois tribus, raconte Umor, en gaélique, d’une voix grave et lente : les Fir Bolg sont la tribu la plus grande ; c’est de là que vient le Roi. Les Fir Domhnann sont la tribu la plus petite ; ils ont adopté les coutumes des Fomoire et de la déesse Danu. Et il y avait les Gaileoin. Ce sont les vieux peuples qui ont envahi l’Irlande il y a longtemps. Sur les îles, ils ont rencontré les Fomoire ; ils nous ont asservis et réduits en esclavage. Quand les Tuatha De Danann sont arrivés, on a perdu la première bataille de Mag Tured ; ils ont dit qu’on pouvait choisir une province pour s’installer ; on a choisi le Connacht. Maintenant, on est sur les Iles d’Aran, mais j’ai toujours foi en Domnu, la déesse de la nuit. On était les petits-fils de Nemed. On avait servi comme esclaves en Grèce avant de s’échapper et de revenir en Irlande.

Afin d’essayer d’y voir plus clair dans cette histoire, Oriane interroge Umor sur les différents peuples d’Irlande. Je ne sais pas qui était le premier peuple, répond-il de sa voix calme et posée. Le seul survivant était le druide Fintan, qui a survécu à une grande inondation en se changeant en saumon ; Fintan était le premier druide d’Irlande, et selon les légendes, il vit toujours. Le deuxième peuple était les Nemediens, descendants de Nemed ; Nemed est arrivé en Irlande en fuyant son chez-lui. Le troisième peuple était les Fomoire : ce sont des géants descendus des îles du nord. Les Fir Bolg sont la quatrième tribu à arriver en Irlande, avec les Fir Domhnann et les Gaileoin ; ils ont créé les provinces. La cinquième tribu, ce sont les Tuatha De Danann ; ce sont des Fées, des Dieux féeriques.

Umor, quant à lui, est un druide de la Déesse Domnu. Elle lui confère des pouvoirs liés aux ténèbres, à l’obscurité et aux soins. Ses quatre bras sont liés aux croisements de son peuple avec les Fomoire. Il aide Adhamh dans ses recherches, et les membres du Pacte arrivent à travailler ensemble, s’ils se rencontrent deux par deux, et pas trop souvent…

Oriane l’interroge ensuite sur la Guerre du Schisme.
Des druides de l’Ordre sont venus voir les druides d’ici et ont dit : Rejoignez-nous ou mourrez. Les druides d’ici ont dit non. Il y a eu la guerre et les druides de l’Ordre ont gagné. Puis, des mages de l’Ordre sont venus tuer les druides de l’Ordre, qui se sont alliés avec les druides d’ici.

Umor est en fait très vieux, même s’il ignore quel âge il a. Quoiqu’il en soit, il était déjà là quand les druides de l’Ordre sont venus tuer les druides d’Irlande.

Mor Greannach

Quelques jours plus tard, on reçoit la visite d’une vieille femme voûtée, édentée et vêtue de vêtements verts et bleus. Elle se nomme Mor Greannach, et elle nous explique, en gaélique, qu’elle travaille essentiellement à fabriquer des potions, des baumes et des concoctions à base de plantes.
- Chez nous, on appelle ça des Pharmacopiens, intervient Finley.
- C’est un peu snob, tout ça, fait-elle remarquer de sa voix rauque.
- Vous utilisez quelle méthode pour vos préparations ? demande le jeune Ex-Miscellanea.
- La méthode empirique, répond Mor, mi-figue mi-raisin. J’essaie jusqu’à ce que ça marche…

La conversation s’oriente vers les routes féeriques, dont elle connaît l’existence mais qu’elle n’a jamais empruntées, puis sur le travail du Pacte d’Oireadh. Adhamh est un chercheur et c’est lui qui a pris l’initiative de fonder le pacte. Il essaie de créer une théorie unifiée de la magie. Avant, on travaillait aussi avec l’alliance de Praesis, mais les exigences de Mehdhbh (qu’elle prononce Mab ; il s’agît de l’ancienne prima de Praesis, pas de la Reine féerique) sont devenues incontrôlables.

Oriane lui pose des questions sur la Reine Mab, mais Mor, manifestement inquiète, refuse d’aborder le sujet ; puis sur la Guerre du Schisme, mais la sorcière n’a pas l’air de savoir grand-chose sur le sujet (Non, je suis trop jeune pour ça, minaude-t-elle).

Tuathal An Iarrainn

Le lendemain, un homme d’une quarantaine d’années, plutôt costaud, vêtu de façon élégante, se présente dans notre campement. Il s’agît de Tuathal An Iarrainn.

- Quelle est votre spécialité magique, lui demande Oriane ?
- Je suis un sorcier. Je pratique l’Ars Goetia, répond-il.
- Ah, de la magie invocatoire, fait la jeune Bonisagus. Qu’est-ce que vous invoquez exactement ?
Tuatha explique qu’il invoque des esprits. Et comme il est forgeron, il lui arrive de lier des esprits aux objets qu’il forge (Il a, par exemple, créé un marteau auquel il a attaché un esprit lié au feu afin d’en faire un meilleur marteau de forgeron). En réponse aux questions d’Oriane, il précise qu’il n’invoque ni des démons de la dimension infernale, ni (semble-t-il) des daimones : les esprits qu’il invoque n’ont pas de nom. Ca peut être des esprits magiques ou féeriques. Il sait les appeler (pour parler avec eux), les contrôler et les lier. Il peut passer des contrats avec ces esprits, certains acceptant par exemple d’être liés pour une durée déterminée…

Quant à Adhamh, il essaie de trouver un lien entre les différentes capacités magiques des membres du Pacte.

Adhamh (suite)

Avant de rentrer à Tuaim, Oriane demande à parler à nouveau avec Adhamh. En réponse aux questions de la jeune maga, il explique avec modestie qu’il n’a pas la prétention de créer une théorie unifiée générale de la magie, mais qu’il cherche à unir les traditions magiques qu’il connaît. Oriane lui propose son aide, mais il faudrait rester de nombreuses années ici ; ce qui risque d’être compliqué, fait Adhamh en la remerciant.

La jeune Bonisagus l’interroge également sur les routes féeriques d’Irlande (Adhamh ne les a jamais empruntés ; il sait toutefois qu’elles sont protégées par des gardiens), la Reine Mab (une puissante fée qui a été tuée et dont le corps a été enterré) et la Guerre du Schisme (dont il ne sait pas grand-chose ; vous devriez plutôt demander à des mages de votre Ordre qui vivent dans la région).

A l’issue de cette conversation, on lève le camp pour rentrer à Tuaim.

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GnalsMD

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